Pierre Ménès: "Le jour où je suis revenu la vie"

Pierre Ménès: "Le jour où je suis revenu la vie"

Parismatch Il y'a 1 semaine  Source

En décembre 2016, je subis une double greffe du rein et du foie. Dans cette longue descente aux enfers,je rêve de l'heure de ma résurrection. elle a lieu le 2 avril 2017 lorsque je retrouve le plateau de Canal+.

Tous me soutiennent en cette journée si particulière : mon retour au « Canal Football Club ». Je suis entouré de mes proches. Mélissa, l'amour de ma vie, maman, mon fils, mes cousins, le Dr Claire Francoz... qui a toujours été honnête. Ma résurrection, je l'ai jouée dans ma tête tellement de fois. Des coulisses, je redécouvre ce plateau que je n'osais plus regarder. Le public arbore un tee-shirt blanc : « CFC Rebirth ». J'arrive sur le plateau la gorge nouée. Trois mois et demi après ma greffe, je retrouve Hervé Mathoux et la bande du « CFC ».

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J'ai traversé ce moment de la vie où l'on n'est plus qu'un corps en attente. Sept mois d'enfer. Les vomissements, les insomnies, les crampes, ce ventre qu'il faut ponctionner tous les quatre jours de plusieurs litres d'ascite. J'ai fait le grand chelem de la Nash (stéatohépatite non alcoolique). J'étais dialysé trois fois par semaine. Plus rien ne circulait normalement dans mon corps. Les deux derniers mois, j'étais condamné au fauteuil roulant. Je n'avais plus un muscle pour soutenir l'effort, la maladie m'a fait perdre plus de 40 kg.

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J'appréhendais la greffe et le moment où on allait m'ouvrir comme une boîte de thon. Une thrombose de la veine porte menaçait de rendre l'opération fatale, voire impossible. Ce 2 avril 2017, la vie reprend son cours. La plus belle récompense que je pouvais offrir mon donneur et sa famille. J'ai effacé de mon disque dur les horribles vingt-cinq jours d'hôpital. L'absence de forces m'a précipité dans une dépression infernale. Je ne suis pourtant pas du genre me laisser abattre, mais l'humiliation liée aux soins hospitaliers vient bout de votre meilleure volonté. Je vivais depuis des mois en jogging sur mon canapé, puis l'hôpital en chemise de nuit nouée dans le dos, les fesses l'air. On me lavait, on me couchait, on me torchait, comme un nourrisson. J'étais trop faible pour me sentir vivant. Mais présent je suis heureux. J'ai 54 ans, et j'ai dépassé mon père en âge. Je peux maintenant me dire que la malédiction a disparu.


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