Les urgences malades du système de santé français

Afn360 Il y'a 1 semaine  Source

Souvent accusées de défaillances, les urgences hospitalières françaises souffriraient surtout de l'accroissement du nombre de missions qui lui sont confiées, selon un rapport du Sénat

© Fournis par Francetv info

Entre une médecine de ville qui se désinvestit des soins non programmés et des lits d'hôpitaux surchargés, les urgences explosent. C'est la conclusion d'un rapport du Sénat publié ce 13 septembre.

Pour les auteurs, les ugences ne sont pas en cause en tant que telles. Se référant aux évaluations de la Haute Autorité de Santé, les sénateurs saluent un service public de "grande qualité", lié à "l'investissement exceptionnel des équipes exerçant au sein de ses services" : "en dépit des défis colossaux auxquels font face les urgences, elles continuent à assurer une prise en charge de pointe".

Selon les auteurs du rapport, les dysfonctionnements régulièrement dénoncés "résultent moins de l'organisation propre des services d'urgences que de leur positionnement original, au confluent des carences de la médecine de ville en amont et des rigidités hospitalières en aval". "Les services d'urgences", poursuivent-ils, "doivent être regardés non comme un point d'entrée défaillant dans le système de soins, mais comme un miroir grossissant des dysfonctionnements de l'ensemble de notre système de santé".

Les médecins de ville et leurs syndicats représentatifs auditionnés par les rapporteurs admettraient un désengagement croissant sur la prise en charge des soins non programmés. Les urgences "prennent en charge l'ensemble des soins que la médecine de ville ne peut ou ne veut plus assurer", écrivent-ils, notant que le désinvestissement observé "serait en partie consécutif à la fin de l'obligation individuelle de garde, décidée en 2003" et de choix d'organisation, notamment concernant les consultations sans rendez-vous.

Se référant à des données de la Cour des comptes, les sénateurs rappellent que "43 % des passages aux urgences relèvent d'une simple consultation médicale, et 35 % [des patients] auraient pu obtenir une réponse auprès d'un médecin généraliste". Or, on retrouve parmi ces patients un tiers de personnes "ayant entamé un parcours de soins en médecine libérale, et qui, n'y ayant pas trouvé de réponse (ou alors une réponse jugée inadaptée, s'agissant par exemple des délais de rendez-vous) se tournent vers les services d'accueil des urgences".

Mais les urgences seraient aussi victimes de leur mauvaise intégration au reste des établissements hospitaliers qui les hébergent. "Ces services [sont] souvent considérés comme des services « à part » dans les établissements de santé", écrivent les auteurs du rapport. Cet isolement a pour conséquence "un manque important de communication avec les services spécialisés, ce qui complique la gestion du devenir des patients" des urgences. À ces difficultés s'ajouteraient "des difficultés organisationnelles majeures, résultant notamment des politiques de fermeture des lits dans les services de médecine et de chirurgie générales, seuls adaptés à certains profils de patients."

Les auteurs du rapport s'interrogent "sur la soutenabilité à moyen terme de notre modèle de prise en charge des... suite de l'article sur AFN360.com

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