Dix vidéos avec « Pixels » dans le titre supprimées sur demande des ayants droit

Dix vidéos avec « Pixels » dans le titre supprimées sur demande des ayants droit

Nextinpact Le 2015-08-10  Source

Pensant avoir détecté des copies illicites du film « Pixels », une société spécialisée dans la lutte contre le piratage a demandé à la plateforme Vimeo de supprimer plusieurs vidéos n'ayant pourtant rien à voir avec la dernière superproduction de Chris Columbus : des courts-métrages indépendants, une bande-annonce officielle et même un film lié à un festival belge dénommé « Pixels »...

La requête d'Entura International a été transmise à Vimeo le 4 août dernier (voir ici). La société, habituellement mandatée par certains ayants droit afin de faire le ménage sur les sites de téléchargement direct ou de streaming, réclamait du concurrent de YouTube le retrait de dix vidéos. Leur point commun? La présence du mot «Pixels» dans leur titre – Pixels étant également le nom de ce blockbuster américain en salles depuis le mois dernier, avec notamment Adam Sandler et Peter Dinklage parmi ses têtes d'affiche.

Une fois averti de la prétendue illicéité de ces vidéos, Vimeo a procédé à leur retrait en quelques heures à peine. Sauf qu'il ne s'agissait pas de copies pirates, comme l'a remarqué TorrentFreak... On retrouve en effet une bande-annonce officielle du film Pixels, mais aussi – et surtout – plusieurs courts métrages indépendants réalisés bien avant le blockbuster du même nom: «Pantone Pixels», qui date de 2011, «Pixels», produit en 2006 par une association spécialisée dans l'art moderne dénommée NeMe, «Life Buoy By The Pixels», réalisé en 2011. La cerise sur le gâteau est peut-être cette vidéo dénommée «Pixels Festival 2015», et qui annonçait probablement cet événementqui réunit des acteurs du numérique à Mons, en Belgique.

Interpelé par un représentant de NeMe, Vimeo a invité l'association à déposer une «contre-notification». Et pour cause, la législation américaine veut qu'une fois averti par un ayant droit de l'illicéité d'un contenu stocké sur ses serveurs, un hébergeur doit en couper l'accès – faute de quoi il devient lui aussi responsable du fichier litigieux. Si certains géants du Net ont les moyens de procéder à des vérifications (et les reins assez solides sur le plan financier pour faire face à d'éventuelles poursuites), les acteurs de taille plus modeste préfèrent parfois ne pas prendre de risques. Le dépôt d'une contre-notification permettrait en ce sens à Vimeo d'effectuer davantage de recherches avant d'envisager une remise en ligne de la vidéo concernée.

À l'heure où nous écrivons ces lignes, toutes ces vidéos restent inaccessibles. Rappelons enfin qu'il y a quelques mois, la justice américaine avait condamné un Britannique à payer 25 000 dollars pour avoir frauduleusement demandé le retrait d'un billet de blog pour de prétendues atteintes au copyright (voir notre article). En France, la loi sur la confiance dans l'économie numérique punit d'un an de prison et de 15 000 euros d'amendele fait, pour toute personne, de présenter aux hébergeurs «un contenu ou une activité comme étant illicite dans le but d'en obtenir le retrait ou d'en faire cesser la diffusion, alors qu'elle sait cette information inexacte».



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