Congo-Brazza : l'ex-ministre et candidat à la présidentielle André Okombi Salissa arrêté à Brazzaville (JeuneAfrique)

Congo-Brazza : l'ex-ministre et candidat à la présidentielle André Okombi Salissa arrêté à Brazzaville (JeuneAfrique)

Jeuneafrique Le 2017-01-11  Source

Recherché depuis plusieurs semaines, l'opposant et ex-ministre congolais André Okombi Salissa, candidat à la présidentielle de mars 2016, a été arrêté mardi à Brazzaville. À l'instar du général Jean-Marie Mokoko, autre candidat à l'élection, il est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l'Etat.

«Comme nous sommes convaincus que le pouvoir n'a aucune considération envers nous, nous ne nous adresserons désormais qu'au peuple. C'est avec lui que nous allons négocier l'avenir de ce pays.» D'un ton calme mais amer, au bout de fil, Charles Zacharie Bowao estime que l'interpellation et la détention du député André Okombi Salissa constitue un «point de non-retour de défiance» vis-à-vis des autorités congolaises.

L'ancien ministre de la Défense est à la tête du regroupement Frocad-IDC-CJ3M, principale coalition de l'opposition congolaise. En cette qualité, il a convoqué et présidé mercredi 11 janvier une «réunion extraordinaire» de la plateforme pour prendre position aprèsl'arrestation decelui qui était l'un de ses membres.

André Okombi Salissa, ancien ministre et ex-candidat à la présidentielle du 20 mars 2016, était recherché depuis la découverte fin novembre d'armes au domicile de son épouse, dans le 9e arrondissement de Brazzaville.

Aujourd'hui, cet ancien cadre du Parti congolais du travail (PCT, formation politique au pouvoir), «se trouve bel et bien en détention à la Direction générale de surveillance du territoire (DGST)», siège de la police politique du pouvoir de Brazzaville, s'insurgele Frocad-IDC-CJ3M dans un communiqué. Il y dénoncela «procédure inique et humiliante» engagée à l'encontre d'André Okombi Salissa.

Le regroupement politique souligne cependant qu'il «ne dispose pour l'heure d'aucune information précise sur les lieux où se trouvent les personnes qui étaient en compagnie [d'André Okombi Salissa], parmi lesquelles le capitaine Jean-Claude Ngobolo, son épouse et ses deux enfants, le docteur Nicolas Kossaloba, Evariste Ngakié et Brunel Matondo».

«Infraction continue de flagrance»

«Cette interpellation, qui s'est faite sans violence, [Â…] s'inscrit dans le cadre d'une enquête en flagrance dirigée contre [André Okombi Salissa] et relative à l'atteinte à la sûreté de l'Etat», explique de son côté la police congolaise dans un communiqué publié dans la foulée de l'arrestation d'André Okombi Salissa à Brazzaville «où l'ancien ministre se cachait depuis l'élection de mars 2016».

André Okombi Salissa est actuellement en détention dans le cadre d'une infraction continue de flagrance.

Abondant dans le même sens, Thierry Moungalla, le porte-parole du gouvernement congolais, confirme à Jeune Afrique qu' «André Okombi Salissa est actuellement en détention dans le cadre d'une infraction continue de flagrance : la découverte d'armes il y a quelques semaines dans l'une de ses résidences».

«Pas d'immunité parlementaire»

«Face à cela, il n'y a pas d'immunité parlementaire à opposer», martèle-t-il, s'appuyant notamment sur lesdispositions de l'article 37 du code de procédure pénale congolaise.

Le ministre accuse par ailleurs l'opposition de faire une «lecture partielle» de la Constitution du pays, lorsque celle-cibrandit encore l'immunitéparlementaire telle que prévue dans la loi fondamentale congolaise : «Elle [l'opposition] fait semblant d'ignorer que la Constitution précise bien qu'aucun député ne peut être poursuivi ou arrêté sans l'autorisation du bureau de l'Assemblée nationale, sauf cas de crime ou délit flagrant.»

L'Assemblée nationale n'a pas encore traité la question de l'immunité parlementaire d'André Okombi Salissa.

Et contrairement à ce que certains médias internationaux avaient annoncé, Thierry Moungalla dément un quelconque rejet par l'Assemblée nationale de la requête de levée d'immunité du député André Okombi Salissa. «Le procureur en a bien fait la demande, mais l'Assemblée nationale n'a pas encore traité le dossier», soutient le ministre.



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